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“On ne peut pas arrêter maintenant. Je pensais arrêter quand ça allait bien. Mais là ça va vraiment mal. C’est trop tard. Nous ne pouvons pas arrêter maintenant.”

Ces mots viennent tout droit du livre « Un portrait par Giacometti ». James Lord a posé dix huit jours pour que son ami Alberto Giacometti fasse son portrait. L’artiste peignait, et le modèle prenait note des séances de pose en le transformant en « journal » du processus créatif. Il en a fait un livre.

Je l’ai ouvert au hasard à la page neuf après une séance de dessin que je qualifierais de terrible.

C’était un vendredi. J’avais commencé un très large dessin. Alberto aurait pu dire: “Ça commence à ressembler à quelque chose ; seulement maintenant”.

Je suis allée me coucher, détendue et pleine d’espoir.

Le jour d’après, j’étais impatiente de retourner à mon chevalet. Je me sentais légère et joyeuse.

Après que j’ai commencé à travailler, je n’étais plus du tout sûre de moi. Plus je travaillais, et pire c’était.

Et puis je me suis souvenue de ce livre et des échanges entre Alberto Giacometti (A.G.) et James Lord (J.L.)

A.G. “C’est impossible. Je ne sais plus rien faire. Je vais te dire : je vais travailler sur ce tableau un jour ou deux de plus, et puis si ça ne donne rien de bon, je vais abandonner la peinture pour toujours. » […] « Ça va vraiment mal, mais ça ne fait rien, puisqu’il n’est pas du tout question de finir quoique ce soit.” […] ”De toutes les façons, c’est ce que je mérite pour trente cinq années de malhonnêteté.”

J.L. « Que veux tu dire? » demandai-je.

A.G. « Simplement que pendant toutes ces années, j’ai exposé des choses non finies et qui n’auraient jamais dues être commencées. En même temps, si je n’avais pas exposé du tout, cela aurait semblé bien lâche, comme si je ne daignais pas montrer ce que j’avais fait, ce qui n’était pas vrai. De sorte que j’étais pris entre le marteau et l’enclume. »

Cela m’a rappelé ce moment en Laponie l’hiver dernier quand nous nous préparions pour une journée de chiens de traîneaux en pleine nature.

Nous étions à Karasjok, tout au nord de l’Europe, en Norvège.

Notre guide nous dit: « Okay. Vous devez à présent apprendre à tomber, et plus important à vous remettre en route. Parce que vous ALLEZ tomber. »

Elle semblait si sûre d’elle qu’après quelques minutes je me suis résignée à accepter que j’allais tomber. Je devais m’y faire…

Donc je suis tombée à plat sur le visage dans la neige. Et la partie la plus drôle a été de redresser mon traîneau pour repartir.

Car il faut bien comprendre que les chiens comprennent Stop et Go, comme Noir et Blanc. Il n’y pas de zone grise. Ce qui signifie que dès qu’ils sentaient mon traîneau bouger légèrement, ils étaient prêts à repartir à fond les ballons. Autant vous dire que je n’avais pas le temps de me relever, j’ai donc fait du chien de traîneau sur le ventre. Je suis devenue une luge! Jusqu’à ce qu’on rattrape le groupe de tête. Je ne savais que nous avions tant de muscles dans les bras et le torse. Ils se sont rappelés à moi pendant dix jours!

Nous le savons : il n’y a pas de fées sans diablotins…

C’est comme le dessin, c’est impossible, on se trompe mais…que c’est bon!!!!!!

Regarder cette vidéo de Giacometti qui peint : Ça dure 2 min et 45 secondes, dans son studio. J’adore!

Je vous recommande vivement « Un portrait par Giacometti » si vous êtes curieux d’explorer le processus créatif, et même si vous ne peignez ou ne dessinez pas. Il a été traduit en français. Vous pouvez le trouver aux Éditions Gallimard, Collection Art et Artistes. ou sinon en anglais sur bookdepository.com (A Giacometti Portrait).

Et comme toujours, n’hésitez pas à m’écrire pour commenter ou partager votre expérience! Il suffit de cliquer répondre et je reçois votre message! Belle saison de création à vous



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